- Choisis un style et écris-le en clair sur ta page : le son, et l'artiste à qui il s'adresse.
- Vends sur BeatStars, mais garde aussi une page et une liste email à toi.
- Rends tes licences lisibles en dix secondes et pose tes prix en échelle, pas en liste.
- Le trafic vient de la recherche YouTube, des formats courts et de la prospection directe. Choisis-en deux et tiens un rythme.
- Avant qu'un son décolle, prépare ta split sheet, tes crédits et tes déclarations de droits.
La plupart des beatmakers qui galèrent à vendre n'ont pas un problème de prods. Ils ont un problème de chemin. Un artiste entend une boucle sur YouTube, clique, tombe sur une page qui ne dit pas pour qui sont les prods, trouve une grille de licences illisible sur téléphone, et repart. Uploader plus ne règle pas ça. Payer de la pub non plus.
Ce guide reprend tout le chemin, dans l'ordre : où vendre, ce que tu vends vraiment, comment le pricer, comment les artistes te trouvent, et ce qui se passe quand un morceau qui utilise ta prod commence à tourner. Je vends mes propres licences sur BeatStars : chaque conseil ici, je l'applique, ou je l'ai arrêté parce que ça ne marchait pas.
Comment la vente de prods fonctionne vraiment
En ligne, tu ne vends pas la chanson, tu vends des licences. Quand un artiste prend un lease, il obtient le droit non exclusif d'utiliser ta prod dans des limites écrites dans un contrat : nombre de copies, nombre de streams, clip autorisé ou non, concerts. Tu gardes les droits d'auteur de la prod, et tu peux continuer à la louer à d'autres artistes.
L'exclusivité, c'est autre chose. L'artiste paie plus cher pour être le seul à utiliser la prod à partir de maintenant, et elle sort de ta boutique. Sur BeatStars, l'exclusivité transfère tes droits sur l'enregistrement (le master) dans les termes du contrat, et la composition est traitée à part dans ce même contrat. Ceux qui l'avaient louée avant gardent leurs droits jusqu'à la fin de leur licence (BeatStars) : d'où l'intérêt d'un contrat clair, des deux côtés.
Ce modèle commande tout le reste. Le lease, c'est un modèle de volume : de nombreuses licences abordables, revendues encore et encore sur les mêmes prods, avec par-dessus les exclusivités, les commandes sur mesure et les placements. Le poids de chaque partie dépend du beatmaker. Le jeu, ce n'est pas la prod parfaite : c'est un catalogue, une page et une source de trafic qui tournent pendant que tu dors.
Pour situer : quand j'ai regardé ma boutique le 12 octobre 2026, elle comptait 40 prods, 102,8K écoutes et 2,7K abonnés, des licences dès 7 $, et 1 beat acheté, 2 offerts sur toutes les licences. Ni énorme, ni minuscule. Tout ce qui suit, c'est le système derrière ce genre de chiffres.
Où vendre : les plateformes comparées
Il te faut deux choses : une boutique où l'artiste paie et télécharge en une minute, et un endroit qui t'appartient. Voici comment se comparent les options principales. Les prix et conditions bougent souvent : vérifie chaque page de tarifs avant de t'engager.
| Option | Ce que c'est | Modèle de coût (vérifié en octobre 2026) | Idéal pour |
|---|---|---|---|
| BeatStars | Marketplace, page boutique, lecteurs intégrables, contrats de licence et livraison | Abonnements mensuels ou annuels : le premier, Starter, est à 19,99 $ par an ou 4,99 $ par mois, taxes éventuelles en plus, et la page des tarifs affiche souvent des promos ; 0 % de commission sur tes ventes, plus d'offre gratuite pour vendre (tarifs BeatStars) | La boutique par défaut : une marketplace que beaucoup d'artistes acheteurs connaissent déjà, avec un paiement auquel ils font confiance |
| Airbit | Marketplace et boutique, dans le groupe BandLab | Commissions vendeur supprimées sur sa marketplace en 2023, hors frais de paiement (annonce) ; offres payantes pour plus de fonctions | Une deuxième boutique, ou la première si tes acheteurs vivent dans l'univers BandLab |
| Ton propre site | Un nom de domaine avec ton histoire, tes meilleures prods et une inscription email ; la boutique peut être un lecteur BeatStars ou la fonction site de son offre la plus haute | Domaine et hébergement, ou l'offre BeatStars qui inclut un site avec domaine personnalisé | Garder la relation, récolter des emails, ressembler à un label plutôt qu'à une annonce |
| Vente directe | Tu conclus par email ou DM et tu factures via PayPal ou Stripe | Frais de paiement uniquement | Exclusivités, prods sur mesure, artistes qui reviennent |
Mon organisation est volontairement simple : BeatStars comme boutique, ce site comme endroit à moi, et une liste email derrière les deux. Si tu pars de zéro, fais pareil et évite d'étaler 40 prods sur cinq marketplaces. Une boutique avec du trafic vaut mieux que cinq sans.
Monter une boutique qui convertit
Un artiste décide en quelques secondes si ta page est pour lui. Trois choses font la différence.
Le positionnement
Dis le son et le type d'artiste en une ligne : « du boom bap et du R&B tirés de mes propres sons et de boucles sous licence, avec de la place pour ta voix » en dit plus qu'un slogan malin. Une page qui veut être trap, drill, afro, pop et lofi à la fois inspire moins confiance qu'une page resserrée. Si ton catalogue change de direction, dis-le. Le mien est dans ce cas : il a grandi avec des prods trap et emo, et le boom bap et le R&B que je fais maintenant les remplacent. La page l'annonce, et les artistes respectent plus ça qu'un décalage qu'ils découvrent eux-mêmes.
Les preuves
Un artiste paie un inconnu sur Internet. Donne-lui des raisons : une vraie bio, un visage ou une identité visuelle cohérente, les liens vers ta chaîne YouTube, tes crédits si tu en as, le badge vérifié si tu peux l'obtenir, et des prods avec des écoutes visibles. Un catalogue anonyme doit travailler beaucoup plus dur pour la même vente.
Le premier écran
Épingle les prods qui représentent le mieux ton style, pas les plus récentes. Vérifie que le haut de ta page s'affiche vite sur téléphone, c'est là que la plupart des artistes naviguent. Ensuite, corrige les détails page par page avec la check-list du profil BeatStars.
J'ai créé BeatStars Audit parce que je retrouvais toujours les mêmes fuites sur ma propre page. L'outil note sept sections, gratuitement, et te dit laquelle corriger en premier. Lance-le avant de dépenser un seul euro en promo.
Les licences : ce que tu vends vraiment
Les artistes lisent rarement une licence en entier. Ils lisent le nom des paliers, les fichiers et le prix. Ton boulot, c'est de rendre chaque marche évidente. Voici une échelle courante ; les limites exactes, c'est toi qui les fixes et qui les écris dans le contrat.
| Palier | Fichiers | Usage typique | Ce qui justifie le prix |
|---|---|---|---|
| Lease MP3 | MP3 | Démos, premiers singles, petites sorties | L'option la plus accessible, avec des limites plus basses |
| Lease WAV | WAV | Sorties qui demandent la pleine qualité | Meilleur son, limites plus hautes |
| Stems / trackouts | WAV et pistes séparées | Artistes qui bossent avec un ingé mix | Contrôle total au mix |
| Illimitée | WAV et stems | Artistes qui poussent un son sérieusement | Plafonds de streams et de copies relevés ou supprimés, selon ton contrat ; toujours non exclusive |
| Exclusive | Tout, selon contrat | Artistes qui veulent la prod pour eux seuls | La prod quitte ta boutique ; les conditions se négocient |
Quels que soient tes paliers, écris clairement dans chaque contrat : le crédit que tu exiges (ton nom de producteur dans les crédits de la sortie), ta part de compositeur sur le morceau (l'édition est une autre question, voir plus bas), si l'artiste peut déclarer son son sur Content ID (voir plus bas), et ce qui se passe quand l'exclusivité est vendue. Si tu n'es pas sûr de ce que chaque clause change pour l'artiste, lis d'abord les licences BeatStars expliquées.
Attention aux samples. Une licence ne couvre que ce que tu as le droit de céder. Avant de vendre une prod qui utilise un extrait d'un morceau existant, assure-toi d'avoir les autorisations sur l'enregistrement d'origine et sur la composition. Découper, ralentir ou transposer un sample ne le libère pas. Les boucles des banques de sons s'utilisent dans les limites de leur licence, à lire pack par pack. Une licence BeatStars ne remplace jamais une autorisation qui manque. Les sources sûres, et pourquoi, sont dans où trouver des samples que tu peux vraiment vendre.
Garde un tag producteur sur tes extraits. Ce n'est pas de la méfiance : c'est pour que la version téléchargée gratuitement ne soit jamais celle qui sort.
Des prix qui rendent la décision facile
Il n'y a pas de prix du marché à recopier, seulement une échelle qui a du sens pour un artiste. Trois règles font l'essentiel.
- Le premier palier est un oui facile. Assez bas pour qu'un artiste qui a un texte prêt ce soir n'ait pas à réfléchir deux fois.
- Chaque marche apporte quelque chose de concret. WAV au lieu de MP3, stems, limites plus hautes, exclusivité. Si deux paliers se ressemblent, l'artiste bloque.
- Une offre groupée vaut mieux qu'une remise. « 1 beat acheté, 2 offerts », l'offre de ma boutique, transforme un achat en trois prods et donne à l'artiste indécis une raison d'arrêter de chercher et de choisir.
Pour illustrer la forme (ce ne sont pas des moyennes du marché) : un lease MP3 à un prix d'entrée bas, un lease WAV un peu au-dessus, les stems autour du double du WAV, l'illimitée nettement plus haut, et l'exclusivité sur demande ou « faites une offre ». Affiche tes prix en dollars si tu vends partout dans le monde, arrondis-les, et ne change qu'une chose à la fois pour voir ce qui bouge. Tout le raisonnement est dans comment fixer le prix de tes beats.
Titres, tags et pages beat
Une page beat, c'est une mini page de vente. La plupart des beatmakers la traitent comme un simple upload.
Les titres
Sur YouTube, les artistes cherchent avec des noms d'artistes : « type beat » à lui seul pèse environ 4,2 millions de recherches YouTube par mois selon l'estimation de vidIQ (octobre 2026 ; YouTube ne publie pas ces volumes). Le titre doit donc contenir la référence d'artiste, le terme recherché et un détail humain : Brent Faiyaz Type Beat "After Hours" | Dark R&B | 92 BPM dit à l'artiste ce qu'il va entendre avant même de cliquer. Ne cite que des artistes dont ta prod se rapproche vraiment. Sur la boutique, garde un nom de prod court et mets les références dans les tags. La méthode complète est dans nommer ses type beats pour le référencement.
Les tags et les champs
Remplis tous les champs : genre, ambiance, BPM, tonalité, et deux ou trois artistes de référence qui collent vraiment à la prod. Les marketplaces s'en servent pour la recherche et les recommandations : un champ vide, c'est une prod invisible.
La page elle-même
Écris deux ou trois lignes sur la prod : l'ambiance, la place qu'elle laisse au couplet ou au refrain, ce que l'artiste obtient avec chaque licence. Ajoute une pochette cohérente. Puis regarde la page sur ton téléphone, avec ton pouce, comme si tu étais l'artiste.
Le trafic : YouTube d'abord, puis le reste
Une boutique sans trafic, c'est une vitrine lumières éteintes. Choisis deux sources et un rythme que tu peux tenir un an.
Les type beats sur YouTube
YouTube, c'est là que les artistes cherchent activement des prods : c'est ce qui se rapproche le plus d'un trafic gratuit et qualifié. Ce qui marche : un rythme d'upload régulier, des titres qui collent à de vraies recherches, des miniatures simples qui se lisent d'un coup d'œil, et un lien direct vers la page de la prod en première ligne de la description, pas seulement vers ta boutique. Ma chaîne est à 12,9K abonnés pour 94 vidéos (octobre 2026) ; la croissance est venue de la régularité bien plus que d'une vidéo en particulier. La méthode est dans faire grossir une chaîne type beat sur YouTube.
Les formats courts
Shorts, TikTok et Reels marchent surtout pour montrer le process : le sample, le chop, le drop. Ils construisent la reconnaissance plus que les ventes directes, alors envoie-les toujours vers un seul endroit : ta meilleure prod ou ta page.
Les prods gratuites, avec précaution
Donner certaines prods pour un usage non commercial peut faire entrer des artistes dans ton univers. Ça peut aussi leur apprendre à attendre le gratuit. Utilise-le comme une porte, avec une montée en gamme claire, comme expliqué dans la stratégie des type beats gratuits.
Vendre sans audience
Zéro abonné, ce n'est pas zéro vente. Ça veut dire que tu vas vers les artistes au lieu de les attendre.
- Trouve des artistes qui sortent des sons dans ton style. Nouveautés sur les plateformes de streaming, SoundCloud, Instagram, TikTok. Un artiste qui a sorti un son le mois dernier en sortira un autre.
- Écoute avant d'écrire. Un message, une prod qui colle à sa voix, une phrase pour dire pourquoi. Pas de pack de 20 liens, pas de pièce jointe.
- Rends l'étape suivante facile. Un lien direct vers la page de la prod, et l'offre s'il y en a une.
- Relance une fois, puis lâche. Être persévérant, ce n'est pas mettre la pression.
Les collaborations avec d'autres beatmakers et des ingés son ouvrent aussi des portes : ils bossent avec des artistes que tu n'as jamais croisés. D'autres tactiques, avec quoi écrire, sont dans vendre des beats sans audience.
Monte une liste email dès le premier jour
Les plateformes changent leurs règles, leurs algorithmes et leurs prix. Une liste email, non. Deux cents artistes qui ont demandé à recevoir tes nouvelles prods valent plus que des milliers d'abonnés passifs.
Donne-leur une raison de s'inscrire : un accès en avant-première aux nouvelles prods, une prod offerte pour leur prochaine démo, ou un drum kit si ton public compte des beatmakers. Dis clairement ce qu'ils vont recevoir, et mets un lien de désinscription dans chaque email. Envoie quand tu as quelque chose à dire, et garde un format simple : une ou deux prods, l'offre, le lien. Je gère ma liste avec Kit, avec des inscriptions séparées pour les artistes et pour les beatmakers, parce qu'ils ne veulent pas les mêmes emails.
Quand un son décolle : crédits, splits et droits
Un lease paie une fois. Un morceau qui prend de l'ampleur peut payer pendant des années, et c'est bien plus simple à toucher quand les papiers existent avant : une déclaration tardive peut retarder ou compliquer les versements.
- La split sheet. Dès qu'un morceau utilise sérieusement ta prod, mettez par écrit qui a écrit quoi : les pourcentages pour la musique et pour les paroles, signés par tout le monde. C'est une page, et ça évite la plupart des embrouilles : voici un modèle de split sheet gratuit et son mode d'emploi.
- La SACEM. En France, c'est la société qui collecte les droits d'auteur des compositeurs sur la diffusion, les concerts et le streaming. L'adhésion n'est pas obligatoire, mais quand des morceaux qui utilisent tes prods sortent, c'est elle qui te permet de toucher ta part de compositeur : vérifie alors que chaque œuvre est déclarée avec ta part. Si une prod contient de la matière générée par IA, seul ton apport créatif humain compte : la Sacem n'accepte pas la déclaration de contenus entièrement générés par IA sans apport humain (position de la Sacem). L'adhésion se fait sous conditions, qui changent : regarde-les à jour sur sacem.fr. Hors de France, l'équivalent s'appelle BMI ou ASCAP aux États-Unis, PRS au Royaume-Uni, SOCAN au Canada.
- L'édition. Tes droits sur un morceau ont deux côtés : ta part d'auteur-compositeur, que la SACEM te verse directement, et la part éditoriale, qui revient à un éditeur si tu en signes un. Certaines plateformes proposent maintenant de gérer l'édition à ta place ; BeatStars l'annonce dans ses offres. Lis ce qu'elles prennent et ce qu'elles déclarent avant d'accepter.
- Les crédits. Demande à l'artiste de te créditer dans les champs prévus par son distributeur : producteur, et compositeur pour ta part. Utilise pour chaque rôle le nom demandé, en cohérence avec ta déclaration SACEM : ton nom de producteur pour le rôle de producteur, mais certains distributeurs, comme DistroKid, exigent ton nom civil pour les crédits de compositeur (explication de DistroKid). Spotify demande que les noms des contributeurs soient dans ces champs, pas dans le titre du morceau (règles de métadonnées de Spotify). Une mention « Prod. by » dans la description YouTube ou dans la promo vient en plus, pas à la place.
Les placements suivent la même logique, à plus grande échelle. Avec Navigators Crew, le collectif que j'ai fondé et que je dirige depuis 2022, on a placé des titres sur des sorties d'artistes majeurs : 4 certifiés or et 3 platine, dont un double et un triple. Rien de tout ça n'aurait payé correctement sans des splits propres. Comment on faisait arriver ces titres jusqu'aux artistes : placer ses prods chez des artistes. Les autres sources de revenus d'un beatmaker sont détaillées dans gagner de l'argent en tant que beatmaker.
Content ID : le piège des prods louées
Content ID, sur YouTube, reconnaît un audio et permet à son propriétaire de réclamer les vidéos qui l'utilisent. Sur le papier, c'est de l'argent facile pour un beatmaker. Avec des prods louées, c'est le chaos : si tu déclares une prod que dix artistes ont louée, Content ID peut réclamer leurs dix morceaux, et tes clients se retrouvent à contester tes propres réclamations.
Règle simple : garde tes prods louées hors de Content ID, et précise dans ta licence si l'artiste peut déclarer son morceau. YouTube n'accepte que les audios dont tu détiens les droits exclusifs (règles de YouTube) : ne déclare que des enregistrements qui sont à toi seul, jamais loués, jamais vendus en exclusivité, sans sample ni boucle qui ne t'appartiennent pas entièrement. Si une réclamation tombe quand même sur un artiste qui a payé, lève-la vite. Un client réclamé par son propre producteur n'achète pas deux fois.
L'argent : paiements, statut et impôts
Connecte PayPal et, si ta boutique le permet, Stripe, pour que les artistes paient comme ils préfèrent. Regarde une fois les délais de versement et les frais, et garde une trace de chaque vente avec la licence vendue.
Ce que tu gagnes avec tes prods, ce sont des revenus à déclarer. En France, ce qui compte, c'est la nature de chaque recette, pas le statut que tu choisis. Les revenus tirés de tes œuvres, comme tes droits SACEM ou la cession de droits sur tes compositions, relèvent en principe du régime des artistes-auteurs, déclaré auprès de l'Urssaf artistes-auteurs. Une activité de service à côté, comme mixer les sons des autres ou louer ton studio, relève d'un autre cadre, souvent la micro-entreprise. Une licence de beat porte à la fois sur ta composition et sur ton enregistrement, et sa qualification n'est pas écrite noir sur blanc : fais valider ton cas par l'Urssaf ou par un comptable dès que les ventes deviennent régulières. Ça coûte moins cher que de rattraper une année de ventes non déclarées.
Ce qu'il faut mesurer chaque mois
Pas besoin d'un tableau de bord, il te faut cinq chiffres, regardés une fois par mois :
| Chiffre | Ce qu'il te dit |
|---|---|
| Écoutes par prod | Les sons qui accrochent |
| Visites des pages beat depuis YouTube et les réseaux | Si ton contenu envoie du monde vers la boutique |
| Paniers commencés contre achats | Si le prix ou le paiement fait fuir |
| Prods écoutées mais jamais vendues | Les pages à corriger en premier : titre, description, clarté des licences |
| Nouvelles inscriptions email | Si tu construis quelque chose qui t'appartient |
Peu d'écoutes : problème de trafic. Beaucoup d'écoutes et peu de ventes : regarde d'abord la page, les licences et le prix, et vérifie les visites des pages beat et les ajouts au panier avant de conclure. Cette seule distinction t'évite des mois à tâtonner. Ce que tu peux voir dépend de tes outils : BeatStars documente des événements Google Analytics comme les ajouts au panier et les achats pour la Pro Page de l'offre Professional (BeatStars) ; avec les autres offres, travaille avec ce que ton tableau de bord affiche.
Tes 30 premiers jours : un plan
- Semaine 1, la page. Écris ton positionnement en une ligne, nettoie la bio et les visuels, lance BeatStars Audit et corrige la section la plus faible.
- Semaine 2, le catalogue. Garde tes meilleures prods dans un seul style, réécris les titres, remplis tous les champs, écris les descriptions.
- Semaine 3, l'offre. Reconstruis l'échelle de licences, pose une offre groupée, relis chaque contrat une fois comme si tu étais l'artiste.
- Semaine 4, le trafic. Choisis deux sources, programme un mois d'uploads, contacte dix artistes qui sortent des sons dans ton style, et mets en place ton inscription email.
Ensuite, mesure, corrige le chiffre le plus faible, et recommence. Vendre des prods, c'est un système, pas un lancement.
Les erreurs qui tuent les ventes en silence
- Uploader toutes les prods que tu as jamais faites, dans tous les styles.
- Des paliers de licence qui se ressemblent, ou des limites introuvables.
- Envoyer les spectateurs YouTube sur l'accueil de la boutique au lieu de la prod qu'ils viennent d'entendre.
- Brader jusqu'à zéro et habituer les artistes à attendre la prochaine promo.
- Vendre des prods construites sur des samples non autorisés.
- Mettre des prods louées sur Content ID.
- Pas de split sheet avant que le morceau fasse déjà des chiffres.
- Arrêter d'uploader au bout de trois semaines parce que rien ne s'est vendu.
Pour aller plus loin sur la boutique elle-même, la suite logique, c'est vendre plus de beats sur BeatStars. Et si tu fais du boom bap ou du R&B, tu peux entendre comment j'applique tout ça sur ma page Beats.
FAQ
Où vendre ses prods en ligne ?
Pour la plupart des beatmakers, BeatStars est le bon point de départ : c'est l'une des principales marketplaces de prods, bien connue des artistes qui achètent des beats, et en octobre 2026 elle ne prend aucune commission sur tes ventes avec ses offres payantes, hors frais de paiement. Ajoute une page qui t'appartient et une liste email, pour que ta relation avec les artistes ne dépende pas d'une seule plateforme.
Combien vendre une prod en lease ?
Il n'y a pas de prix du marché à recopier. Construis une échelle où chaque palier apporte quelque chose de concret (WAV, stems, limites plus hautes, exclusivité), garde le premier palier assez bas pour que ce soit un oui facile, et teste. Ma boutique démarre à 7 $ la licence, avec 1 beat acheté, 2 offerts sur toutes les licences.
Peut-on vendre la même prod à plusieurs artistes ?
Oui, c'est le principe du lease : une licence non exclusive. Tu peux continuer à la vendre jusqu'à ce que quelqu'un achète l'exclusivité. Les artistes qui l'ont prise avant gardent leurs droits pendant la durée écrite dans leur contrat : BeatStars précise que les licences vendues avant une exclusivité restent valables.
Faut-il une grosse audience pour vendre ses prods ?
Non, il faut du trafic. La recherche type beat sur YouTube amène des artistes qui cherchent déjà, et la prospection directe auprès d'artistes qui sortent des sons dans ton style marche avec zéro abonné. Une audience aide, ce n'est pas le ticket d'entrée.
Faut-il mettre ses prods sur Content ID ?
Pas celles que tu vends en lease. Si une prod louée est dans Content ID, les artistes qui l'ont payée se font réclamer leurs propres sons, et YouTube n'accepte de toute façon que les audios dont tu détiens les droits exclusifs. Ne déclare que des enregistrements qui sont à toi seul : jamais loués, sans sample non autorisé ni boucle de banque de sons.
Faut-il s'inscrire à la SACEM quand on est beatmaker ?
Ce n'est pas une obligation pour vendre des licences. Mais dès que des morceaux qui utilisent tes prods sortent et tournent, l'adhésion te permet de percevoir les droits que la SACEM gère pour toi, sur la diffusion, les concerts et le streaming de ces morceaux. Elle ne remplace pas la vente de licences, elle s'y ajoute. L'adhésion se fait sous conditions : vérifie-les à jour sur sacem.fr.


